Sommes-nous enfumés par les éoliennes géantes ?

par Jean Germain
Sénateur (PS) d’Indre-et-Loire
Vice-président de la commission des finances du Sénat

Les éoliennes géantes, en tant que source d’énergie propre, pose deux obstacles : elles fonctionnent de manière intermittente ; elles sont chères.

Alors que la première difficulté devrait conduire à en faire un usage raisonné correspondant à des besoins spécifiques, donc à implanter les éoliennes industrielles uniquement en lien avec une activité qui peut se satisfaire d’une fourniture intermittente d’électricité, la question s’est focalisée sur l’obstacle financier présenté comme un défi.

Il a été avancé qu’il fallait faire preuve de volontarisme. En soi, cette approche n’est pas incompatible avec une approche raisonnée. Mais l’arrivée massive de subventions, à travers un tarif de rachat obligatoire financé par les factures d’électricité, a conduit à évacuer la réflexion sur la pertinence de l’implantation des éoliennes. Une forme de productivisme, consistant à vouloir implanter le plus possible d’éoliennes industrielles, est devenue une fin en soi. Cette démarche est défendue par des lobbystes hauts de gamme qui cajolent les pouvoirs publics et que s’offrent les promoteurs éoliens grâce à la manne financière dirigée vers eux et aux seules fins de la conserver le plus longtemps possible. La contrepartie qu’ils offrent est-elle réellement examinée ? Elle consiste en des mots : bonne conscience de faire reculer le nucléaire ou d’agir pour le climat, emplois créés, fiscalité mise au service du monde rural.

Alors qu’une analyse plus poussée montre que nombre de promoteurs éoliens sont liés à des sociétés pratiquant la spéculation immobilière ou à des entreprises de transport routier, et que la préoccupation du profit écrase complètement le souci de l’environnement, il est malheureux que le parlement ne se saisisse pas plus des alertes qui sont lancées par des associations, des chercheurs, des médecins mais aussi par la Cour des comptes ou le service interministériel de prévention de la corruption.

Il faut reconnaître que la réflexion et l’analyse semblent presque rabat-joie quand on considère un certain discours d’opinion qui n’a même plus besoin d’être formulé : l’éolien est posé comme une évidence, les images des éoliennes servent à illustrer tout article, tout sujet grand public, sur les énergies renouvelables voire sur les énergies tout court. Les éoliennes sont plus évocatrices qu’une image de laine de verre ou de double vitrage. Même le site Internet du Sénat utilise un pictogramme représentant une éolienne pour conduire à la page présentant les textes relatifs à l’énergie.

Mais est-on si certain que les gens y soient favorables ? La somme des opinions individuelles dans la population est-elle à l’unisson de l’opinion générale supposée ? Un temps, un sondage a été avancé pour montrer qu’une grande partie de la population accepterait l’implantation d’éoliennes près de chez elle. Mais, alors que, par définition, la masse citadine des personnes sondées n’était pas concernée par l’objet de l’enquête, l’acharnement du lobby éolien à obtenir des « simplifications » juridiques limitant le plus possible les recours dont il dénonce la quantité, tout comme son insistance à se voir transférer l’élaboration des décisions le concernant, est un bon révélateur du rejet réel que suscitent les éoliennes industrielles.

Il est urgent de se saisir de cette question et de ne pas se laisser bercer par les discours bien rodés des professionnels de la communication qui viennent dénoncer les blocages administratifs de notre pays « que tout le monde connaît bien et qui empêchent la croissance » ou réclamer « l’indispensable sécurisation des investissements », à l’occasion de l’examen du projet de loi sur la transition énergétique.

Trois raisons peuvent être facilement avancées pour interroger le système actuel.

1. Le retour de l’expérience allemande montre qu’au niveau global, les éoliennes industrielles ne constituent pas une source d’énergie de substitution.

Les Allemands ont voulu fermer leurs centrales nucléaires mais les éoliennes, qui ne fonctionnent en moyenne qu’un quart du temps et pas quand on le souhaite ni quand on s’y attend, sont inaptes à les remplacer. Alors les Allemands, conscients qu’ils devaient avoir une capacité de production d’électricité à même d’alimenter leur pays sans l’apport d’aucune éolienne, en période de pointe comme en période normale, ont relancé les centrales à énergie fossile. Aujourd’hui, ils polluent le centre et l’est de l’Europe. Il faut cesser d’aller trop loin dans l’impasse.

Du point de vue de l’utilité, ces éoliennes industrielles ont toutes les caractéristiques de ce que l’on appelle un gadget. Mais alors que le gadget est plutôt associé à l’image d’un objet qui tient dans la main et que l’on place sur une étagère ou sur un bureau, l’idée ne vient pas spontanément d’associer à ce concept des constructions visibles à des kilomètres à la ronde, qui pèsent des centaines de tonnes et dont le coût d’installation représente, pour chacune, l’équivalent de plusieurs années de budget d’une commune rurale.

En même temps, il faut avoir à l’esprit que non seulement les éoliennes telles que déployées aujourd’hui s’avèrent inutiles comme énergie de substitution, mais que, comme elles sont censées avoir des effets écologiques, l’exploitation des éoliennes s’accompagne de l’obtention de certificats donnant des droits à polluer par ailleurs. Des holdings financières l’ont bien vu, qui sont présentes sur ce secteur.

Cela ne figure pas dans les plaquettes avantageuses qui présentent les éoliennes sur de jolis fonds bucoliques, au milieu des enfants et des vaches, ou sur de sympathiques dessins aux couleurs pastelles qui agrémentent des documents de travail.

2. Les éoliennes industrielles consomment énormément d’espace en terme de pollution visuelle et sonore. Sans compter l’enfouissement à jamais, à moins de deux mètres, de milliers de tonnes de béton qui sont coulés en bloc pour constituer les socles destinés à soutenir des éoliennes, c’est à dire des générateurs que font tourner des pales de six à huit tonnes chacune à plus cent mètres de haut.

La faiblesse de notre législation est aberrante, qui n’impose qu’une distance de cinq cents mètres des habitations, là où d’autres pays exigent au moins un kilomètre et demi et où les médecins demandent que plusieurs kilomètres séparent les maisons des éoliennes industrielles. Localement, le argumentaires des représentants de commerce d’une « technologie innovante » est toujours le même, bien rodé : avec cinq cents mètres, la loi est respectée et les prochaines éoliennes à installer seront plus performantes et moins bruyantes que celles de la génération précédente. L’expérience montre la fausseté de ces arguments. Ce qui évolue dans le temps, c’est la taille de ces engins, toujours plus hauts. L’UNESCO a menacé de déclasser le Mont-Saint-Michel si des éoliennes industrielles étaient implantées à moins de vingt kilomètres. Personne ne cherche à acheter une maison qui serait proche d’une éolienne. Des décotes très importantes sont observées, traduisant la diminution de la qualité de vie. Est-il apocalyptique d’imaginer que demain des demandes de permis d’exploiter des gaz de schiste sur ces mêmes terrains seront justifiées par le fait qu’ils sont déjà « sacrifiés » ?

Quand il n’y a pas de site classé, aucune réglementation sérieuse ne protège les campagnes contre l’invasion des éoliennes géantes. Faut-il que les paysages ruraux qui ne sont pas classés se transforment pour leurs habitants en territoires où il devient infernal de vivre, dans une ambiance de friche industrielle ou de bord d’autoroute ? Voir une éolienne quelques secondes depuis sa voiture ou une heure le temps d’une inauguration, ce n’est pas la même chose que de vivre à proximité toute la journée et toute la nuit, toute l’année, pendant des années. Le milieu rural apporte une qualité de vie incomparable. Ceux qui se plaignent de ses handicaps, sont les premiers à le reconnaître.

De plus, le tourisme est souvent un moteur de l’économie locale et assure une indispensable diversité de revenus. Si les premières éoliennes ont pu susciter la curiosité au début, ce temps est révolu. Qui s’intéresserait à la Tour Eiffel s’il y en avait partout ? Au contraire, quels sont parmi les urbains ou les périurbains, ultra majoritaires dans notre pays, ceux qui iront se détendre en face des éoliennes ? Les éoliennes pénalisent fortement le monde rural et le monde urbain dans leur relation de complémentarité qui doit être au contraire développée.

Le rapport rendu par le sénateur Alain Bertrand au début de l’été 2014 le rappelait et le Président de la République, lors de ses vœux consacrés à la ruralité, le 17 janvier 2015, à Tulle, le confirmait. A cet égard, il est intéressant de noter qu’il y a parlé de la nécessité de développer les énergies renouvelables et a évoqué, prenant son département en exemple, le photovoltaïque et les barrages hydroélectriques, mais qu’il s’est bien gardé de revendiquer les éoliennes alors que plus de deux cents y sont en projet dans les cartons des promoteurs qui invoquent le fait qu’il n’y en a qu’une dizaine d’implantées. S’il pensait que l’éolien est une bonne chose, l’aurait-il passé sous silence ?

Afin que des éoliennes aient une certaine utilité pour contribuer à la satisfaction des besoins courants des ménages et des entreprises en électricité, il en faudrait un nombre gigantesque, comme on peut en observer dans désert algérien ou dans le désert américain, ou les placer dans des endroits régulièrement ventés et par ailleurs non peuplés comme dans le sud de la France. Où, en France, en répartir le nombre jamais suffisant ? Qui peut sérieusement imaginer couvrir tout notre pays verdoyant, dont le caractère des paysages a fait naître plus d’une vocation écologiste, avec ces engins à côté desquelles les lignes à haute tension, qu’ils n’empêchent pas, paraissent des insectes ?

On pourrait aussi parler des routes et de carrefours disproportionnés mais indispensables pour faire passer les engins spéciaux acheminant les éléments gigantesques des éoliennes, afin de les livrer, de les réparer ou de les démanteler. Sans compter, les tranchées nécessaires aux raccordements. A cet égard, on a pu voir récemment un conseil général, la Creuse, affronter ERDF au tribunal administratif, autour de la question de savoir jusqu’à quel point ce dernier, qui subit l’obligation de raccorder les éoliennes, doit aussi remettre tous les lieux en état. Il y a là des contradictions flagrantes avec tous les efforts faits par ailleurs.

La physionomie de notre pays est cause. Or, à l’heure actuelle, l’Etat n’a aucune vision globale des projets en cours et se préoccupe juste, dans le projet de loi de transition énergétique, de recenser les parcs éoliens existant.

3. Un énorme gaspillage d’argent est constaté. Peut-on se le permettre ? Il y a un an, la Cour de Justice de l’Union européenne, interrogée par le Conseil d’Etat, a vu dans le tarif d’achat obligatoire dont bénéficient les éoliennes des aides publiques puisque ce qui est prélevé sur les factures l’est à la demande de la puissance publique et est affecté selon sa volonté. Il a fallu beaucoup de contorsions juridiques pour que la commission européenne ne demande pas le remboursement des aides versées depuis quinze ans au secteur éolien : la raison de fond n’était pas juridique mais tenait à l’impossibilité matérielle de revenir en arrière. Est-ce une raison pour continuer dans l’erreur ?

La Cour des comptes s’est émue de ce gaspillage et des rentes non justifiées qu’il procure à certains. A ce stade, il faut aussi noter que les éoliennes sont pour la plupart importées, notamment de Chine, et que les arguments de l’emploi créé en France nécessitent d’être vérifiés de près. Nous construisons des pièces d’éoliennes, et nous pourrions toujours les fabriquer pour des éoliennes à installer dans le désert. La réalité est que ce secteur creuse le déficit commercial et que localement un parc éolien ne créé pas un seul emploi. Il y quand-même quelques réparateurs qui vont de parcs en parcs, car les engins paraissent tomber souvent en panne : mais alors que les commerciaux exposent aux élus qu’il y a là un gisement d’emplois, les élus ont-ils la curiosité de regarder ce que les commerciaux disent aux investisseurs à appâter ? Ils leur expliquent l’inverse, que le perfectionnement incessant des machines permettra de limiter le recours à des réparateurs et de faire des économies rendant le placement plus rentable. Il est aussi avancé aux élus locaux que les investissements nécessités par la pause des éoliennes créé des emplois au moins pendant un certain temps. Mais pourquoi ne pas investir directement dans des travaux utiles, modernisant réellement le pays et favorisant pour le monde rural et périurbain la qualité de vie, les services et le tissu de PME ? L’aberration des éoliennes rappelle la nécessité de repenser l’investissement local comme la manière d’assurer les ressources nécessaires des collectivités territoriales.

L’inutilité globale des éoliennes à lutter contre le réchauffement climatique ou à aider à fermer des centrales nucléaires n’est pas aussi spontanément perceptible que l’inutilité d’une autoroute sur laquelle ne circuleraient que quelques cyclistes. Pourtant, que ne dirait-on pas si des bouts d’autoroutes inutilisées étaient construits un peu partout au motif que les promoteurs sont subventionnés pour les construire et qu’à tout prendre l’usage du vélo est ainsi favorisé ?

Au-delà du gaspillage d’argent qui pourrait être restitué aux ménages ou consacré à l’investissement dans les infrastructures ou dans le soutien et la recherche sur de réelles énergies renouvelables, c’est-à-dire efficaces, on assiste à la réunion de conditions qui enfantent des logiques quasi-mafieuses : des promoteurs construisent des équipements qu’ils savent inutiles pour toucher des subventions, recyclent une partie de la manne pour créer des écrans de fumée et assurent localement le système par le clientélisme. L’opacité est reine. Utilisant les vides juridiques qu’ils ont réclamés, les promoteurs et leurs agents commerciaux exploitent la pauvreté des territoires ruraux et de leurs populations pour « enrôler » les propriétaires de terrains attirés par l’appât de quelques milliers d’euros de loyers et les monter contre ceux qui n’en veulent pas. Parmi ces propriétaires séduits, on compte de nombreux élus locaux. Le service central de répression de la corruption s’est ému très clairement dans son dernier rapport de la multiplication des situations de conflit d’intérêt et alerte sur un phénomène massif.

De plus, ce service interministériel présidé par un magistrat a invité les pouvoirs publics à s’interroger sur ce qu’il appelle les « chartes d’étroite collaboration » que les promoteurs et les commerciaux font voter par des conseils municipaux totalement désarmés juridiquement pour évaluer les enjeux des engagements qu’ils prennent. L’effet de ces délibérations est de verrouiller le débat en obtenant un consentement préalable et juridiquement irrévocable des élus. On est très loin de la démocratie de proximité. Ces engagements sont ensuite utilisés pour peser sur les décisions des services de l’Etat et influencer les propriétaires fonciers. Quel n’est pas alors le désarroi de certains élus à qui les promoteurs ont fait croire que l’implantation d’éoliennes relevait pratiquement une délégation de service public, puisque couvert par la loi, lorsque les mêmes promoteurs leur demandent d’opposer le caractère privé des projets à ceux qui viennent s’en plaindre.

Outre une certaine peur du ridicule s’ils reviennent sur leur position, les élus ruraux se trouvent donc pris entre la crainte d’être attaqués en justice par le promoteur s’ils se ravisent et l’angoisse de voir leurs administrés, où ceux des communes alentour, les dénoncer pour prise illégale d’intérêt. L’information sur ces pratiques a fini par circuler entre les associations qui se multiplient, tout comme l’information sur la manière de stopper grâce au pénal ce qu’on ne peut plus contrer au civil ou devant le tribunal administratif. C’est en effet le moyen qui leur reste pour arrêter des projets puisque le lobby éolien a obtenu il y a deux ans la suppression, portée par Delphine Batho, alors ministre de l’environnement, du dispositif des « zones de développement éolien » (ZDE). Ce dispositif consistait à conditionner les subventions aux éoliennes aux résultats d’études sur les vents et sur l’acceptabilité des projets, à partir de concertations préalables orientées par le souci d’aménagement du territoire et l’évitement du mitage anarchique. Les promoteurs et les commerciaux s’abritent maintenant derrière le respect des schémas régionaux éoliens qui sont opposables. Mais, ces documents sont beaucoup moins précis, plus approximatifs, notamment parce qu’il était entendu qu’ils devaient seulement défricher le terrain pour les ZDE qui, elles, devaient les préciser.

Les ZDE déjà validées devaient être respectées après le changement de loi. Les études avaient coûté cher aux collectivités. Certaines ZDE étaient sur le point d’être validées et, donc, juridiquement les promoteurs n’étaient plus obligés d’en tenir compte depuis la nouvelle loi. De fait, des promoteurs ont pu présenter des projets dans des zones identifiées comme non favorables à l’occasion des études devant aboutir aux ZDE. D’ailleurs, le lobby s’en vante quand il souligne la levée des « contraintes » depuis 2013. C’est cela qu’il faut lire derrière la « clarification du dispositif réglementaire » et les « dispositions économiques plus favorables » qu’il se félicite d’avoir obtenues.

Si l’information généraliste pour le grand public sur l’énergie utilise l’image des éoliennes, la presse quotidienne régionale abonde désormais chaque semaine d’articles dénonçant l’arnaque que représentent les éoliennes, la dégradation des territoires et les déchirements des populations. Des mats de mesure évalués à des dizaines de milliers d’euros sont abattus, des menaces sont reçues aussi bien par des associations opposées aux éoliennes que par des bureaux d’études chargés de préparer leurs implantations. L’échauffement des esprits met à mal l’ordre public. Le sujet transcende les clivages politiques. Un reportage sur les manipulations des élus diffusé dans le journal télévisé de France 2 de 20h en octobre dernier a également été très remarqué. Les élus ne comprennent donc plus ce qui se passe et attendent du gouvernement et des parlementaires que la loi indique clairement ce qui est souhaitable et les mettent à l’abri de faire de faux pas. Le Sénat, représentant des collectivités territoriales, est l’institution vers laquelle ils tournent leur regard.

La réalité est qu’en matière d’éoliennes industrielles, élus comme particuliers sont moins bien protégés par la loi que ne l’est le consommateur par le code de la consommation qui impose aux professionnels un devoir d’information, de mise en garde ou de conseil afin d’éviter l’emballement. Et en fait de professionnels, il s’agit dans le secteur de l’éolien de sociétés adossées à des multinationales ou de multinationales elles-mêmes. Le rapport de force est-il si équilibré et les enjeux si négligeables qu’une protection législative conséquente est à ce point superflue ? Un petit propriétaire foncier à qui on a fait signer une promesse de bail, souvent contre rémunération, avec la promesse de toucher de gros loyers, ne risque pas de se faire une opinion objective en sept jours sur les nuisances qu’il cause à des kilomètres à la ronde et de se rétracter dans le délai de droit commun.

Il faut encore noter que l’obligation d’achat de l’électricité éolienne désorganise le marché de gros de l’électricité. Dès lors qu’il convient de maintenir en service les mêmes capacités de production qu’il y ait ou non des éoliennes, les sommes qui servent à acheter l’électricité éolienne sont autant de sommes qui manquent pour mieux entretenir et moderniser les réseaux et des capacités production classiques et pourtant indispensables afin de garantir la fiabilité de l’approvisionnement de chacun. Peut-on se permettre de créer les conditions économiques de la négligence ?

Il conviendrait d’inverser la logique. Au lieu d’aider l’éolien par principe, avec l’obligation d’achat, le tarif de rachat ou des compléments au prix du marché, il ne faut le favoriser que si les projets ont une utilité avérée, c’est-à-dire s’ils permettent effectivement de se passer du nucléaire ou des énergies fossiles pour certains usages, comme le pompage ou des industries spécifiques, que s’il répond aux raisons pour lesquelles on a spontanément envie de le soutenir, que si les éoliennes ne viennent pas dénaturer un site où vivent et passent des gens. Ce serait vraiment écologique. Plusieurs solutions existent, comme un exercice par l’Etat de ses responsabilités en matière d’aménagement du territoire, soit directement, soit en posant des règles très scrupuleuses.

Au Sénat, le 29 janvier 2015.

Meilleurs voeux 2016

voeux 2016L’Association Saint-Aubin-de-Baubigné Environnement vous adresse ses meilleurs voeux pour l’année 2016 ; elle se veut « la barrière » protectrice de votre qualité de vie et du respect de vos propriétés dans notre beau Bocage.

L’objectif de l’année est d’obtenir en France une distance minimale de 1000m entre nos maisons et la première éolienne.

N’hésitez plus, rejoignez-nous et restons unis contre la Force administrative en renforçant notre pouvoir de résistance !

N’est-ce pas une perspective motivante ?

Résultats de l’enquête publique

Bonjour à vous tous qui avez eu la gentillesse de signer cette pétition, y compris à la dizaine qui l’a signée malheureusement après la date de remise au Commissaire enquêteur, c’est-à-dire le soir de la fermeture de l’enquête publique, soit le 5 juin dernier.

Le Commissaire a rendu son rapport et ses conclusions à la Préfecture le 3 juillet dernier et ils ont été officiels, y compris pour l’association le 17, grâce à internet.

La conclusion est la suivante : favorable avec restriction pour la 5ème éolienne, donc favorable aux 4 premières éoliennes.

L’association va mettre fin à cette pétition et pour connaître la suite, n’hésitez pas à cliquer sur notre site : http://www.staubinenv.fr

Soyez tous sincèrement remerciés pour votre aide dans ce combat qui continue!

N. de Chabot, La présidente de Saint-Aubin-de-Baubigné Environnement

PRESENTATION DE NOTRE POSITION PAR RAPPORT AU PROJET EOLIEN OSTWIND SUR ST AUBIN DE BAUBIGNE LORS DE LA SEANCE PLENIERE DU CONSEIL MUNICIPAL A MAULEON LE 30/03/2015

Messieurs les Maires, Mesdames, Messieurs,
Diapositive01Les membres de l’association Saint-Aubin-de-Baubigné Environnement, que je préside, (diapo n°1) se joignent à moi pour vous remercier de nous donner l’occasion de présenter notre position devant un auditoire qui connaît bien le projet initié par la communauté de communes Delta Sèvre Argent.

Depuis la création de notre association début novembre 2011, grâce à nos deux réunions publiques en 2012 et en 2013 et un certain nombre de communications qui sont passées dans la presse, vous la connaissez, elle est hostile à ce projet pour plusieurs raisons ; j’en aborderai quatre dans un ordre croissant selon l’intérêt qu’elles présentent pour l’association.

  • Le manque d’intérêt
  • L’impact négatif sur le paysage
  • Les nuisances majeures
  • Deux conséquences négatives souvent occultées

Le manque d’intérêt pour la commune de St Aubin et la population en général :

Le manque d’intérêt économique :

D’après la Nouvelle République du 15/10/2014 : « Sur le territoire de l’Agglo, des parcs éoliens sont implantés sur Bressuire, La Chapelle-Gaudin, Trayes, Neuvy-Bouin, Mauléon et Saint-Amand- sur-Sèvres. Les éoliennes sont soumises à l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER), versée, en partie, à l’Agglo. Les élus ont décidé de reverser aux communes concernées 20% du total de cette imposition (confirmé par le CO du 21/01/2015), ce qui représente une somme de 75 200 €. Il restera 190 000 € à l’Agglo ». 75 200 € { partager entre 6 communes, (de manière égale ou au prorata de la puissance ?), combien pour St Aubin ? Dans le meilleur des cas, cette somme représentera pour la commune de St Aubin moins de 5 € par habitant !!
Il est à craindre qu’arrivera ce qui se passe très souvent en France, une commune subit les nuisances, en l’occurrence St Aubin, et l’autre empoche les retombées financières; c’est ce qui se passe entre Ardin et Coulonges S/L’Autize ; ce qui se prépare entre Chiché et Faye L’Abesse.

En ce qui concerne l’emploi :

La société espagnole Iberdrola, l’exploitant en charge de la maintenance du parc de Trayes à une certaine époque, faisait travailler des Espagnols ne comprenant pas un mot de français. Il ne s’agissait donc pas d’emploi local !

L’aérogénérateur du parc de La GRALIERE, en panne cet été pendant un grand mois, a été réparé le 5 août 2014 par des techniciens qui travaillent dans toute la France et seul le grutier, succursale d’une entreprise nationale, venait de Vendée ou de Loire-Atlantique.
Il est clair qu’un parc de cinq machines ne nécessite pas un emploi à plein temps.

la dépréciation des biens :

Diapositive05Elle est aisée à comprendre : qui va délibérément acheter, aujourd’hui que les graves nuisances engendrées par les éoliennes sont de plus en plus connues, une maison située dans une zone industrielle ?
Il y a des procès sur le fondement du trouble anormal de voisinage causé par ces machines industrielles et les tribunaux ont eu l’occasion de retenir entre 40 et 60% de dépréciation de la valeur vénale pour des maisons situées entre 500, 600 et 700 mètres des éoliennes.
La réalité, c’est que les maisons sont invendables.

L’impact négatif sur la richesse patrimoniale et naturelle du territoire de la commune et en particulier sur l’un des deux sites classés, richesses de notre commune de St Aubin et patrimoine de tous les Saint-Aubinais :

Le site archéologique en pleine nature des Rochers gravés des Vaux, site classé monument historique depuis 1882, sera complètement impacté par ces engins industriels qui le dévalueront totalement . Ce n’est pas ainsi qu’on valorisera la richesse touristique du canton !

On ne peut pas chercher d’un côté à promouvoir le tourisme culturel, en facilitant l’accès au site, tout en détériorant son environnement par ailleurs. Une telle démarche serait incohérente et le non-respect de l’environnement serait alors flagrant.
D’autant plus flagrant que, compte tenu du « développement de plusieurs parcs dans un rayon de 15 kilomètres, la question des effets cumulés mérite une attention toute particulière ».

Il y a aussi un impact important sur la faune, en particulier sur les oiseaux, y compris sur des espèces protégées qui font le charme du Bocage.

Mme Guinebertière, la secrétaire de l’association, a pris alors la parole pour parler du site archéologique de Bougon (Deux-Sèvres), négligé pendant longtemps par le Conseil général (dont elle était membre) qui n’y prêtait pas attention malgré les démarches récurrentes des associations du patrimoine. Aujourd’hui, ce site touristique, mis en valeur, est très connu dans la région et est devenu une source de revenus intéressante pour la commune. Cela pourrait servir d’exemple à St Aubin à condition qu’il n’y ait pas d’implantation d’engins industriels à proximité.

Les nuisances majeures subies par les riverains : le bouleversement de leur cadre de vie et surtout des conséquences graves sur leur santé :

Vous en avez entendu parler car malheureusement il y a de plus en plus de personnes qui s’en plaignent avec raison; en tête des nuisances : le bruit.
Le bruit permanent est source de stress et le bruit nocturne dans les environnements calmes a un impact sur la qualité du sommeil, pas seulement chez les enfants et les vieillards. Stress et manque de sommeil réparateur participent à développer des dépressions. Le bruit, c’est une loterie, on ne sait pas qui va être impacté, à 400 m cela peut être correct et à 2 km effroyable. Il est de plus probable qu’au fur et à mesure du vieillissement du parc le bruit ira en augmentant.

« Ça rend la vie à proximité impossible. Quand on est citadin et qu’on passe, il y a un côté majestueux dans l’éolienne qui tourne. On ne l’entend pas. Mais quand on vit à côté, c’est invivable », assure à France 2 le sénateur PS Jean Germain, dont nous allons reparler.

Tout près de nous il suffit de lire dans la presse les cris de colère des riverains du parc des GRANDES VERSENNES qui souffrent du bruit insupportable, qualifié « de bruit d’avion permanent » par un riverain par ailleurs membre du conseil municipal d’une localité concernée qui avait voté pour ce projet, et qui n’obtiennent pas qu’elles soient bridées la nuit. Il faut bien réaliser qu’une fois les éoliennes installées, les promoteurs ne se sentent pas tenus par leurs promesses de bridage et autres.
Il est vrai que leur intérêt n’est pas de même nature que celui des riverains !

C’est pour toutes ces raisons que dès 2006, l’Académie de Médecine a recommandé par précaution de suspendre, à titre conservatoire, la construction des éoliennes d’une puissance supérieure à 2,5 MW situées à moins de 1500 m des habitations.
Je rappelle que pour le projet de St Aubin les 5 éoliennes seraient d’une puissance de 3 MW !

Pour en revenir aux promoteurs, il faut ajouter que leurs promesses sont la plupart du temps de courte durée. En effet, le plus souvent, ils n’attendent pas que le parc ne soit plus rentable pour le revendre ; aussi ces derniers changent-ils de propriétaires à intervalles réguliers, ce qui est inquiétant quand arrivera la phase de démantèlement.
C’est un produit financier, géré comme tel ! « L’éolien est devenu une affaire de gros sous » selon les termes du maire de Bressuire, Jean-Michel Bernier, qui ajoute : « on est loin des bons sentiments, il faut être clair » (NR 14/11/2014).

Au bruit et ses conséquences sur le sommeil et l’état nerveux des riverains, il faut ajouter un mal préoccupant : les infrasons.
Tout récemment, un juge américain du Massachusetts a pris la décision d’arrêter des éoliennes dont les infrasons portaient un « préjudice irréparable à la santé physique et psychologique » des riverains.

Les préoccupations de nombreux élus rejoignent celles du sénateur PS Jean Germain qui, le 17 février 2015, a fait voter par le Sénat, grand défenseur des ruraux, un amendement au projet de loi sur la transition énergétique portant à 1000 m la distance entre les éoliennes et les habitations ; il faudrait que cet amendement soit entériné par l’Assemblée nationale.

Les études épidémiologiques réclamées en 2006 par l’Académie de Médecine n’ayant toujours pas été faites, le principe de précaution doit impérativement s’appliquer ; s’il avait été respecté, nous n’aurions pas connu de nombreux drames sanitaires, comme celui de l’amiante, du Médiator et du sang contaminé, pour ne nommer que les plus récents.

On peut citer également :

  • les flashs lumineux émis, blanc le jour et rouge la nuit qui obligera les habitants de Vilgois, La Pochonière, La Bernerie, la Saulnerie, le Fournet, etc., à fermer hermétiquement volets et rideaux hiver comme été.
  • Les effets stroboscopiques, appelés « ombres mouvantes » par les Anglo-Saxons,
  • L’effet d’écrasement qui, du fait des dénivellations, sera très fort à la Pochonière, par exemple.
  • Il ne faut pas négliger également le préjudice visuel pour ceux qui ont choisi d’habiter le bocage pour être au calme et près de la nature.

Le cadre de vie pour les riverains du site d’implantation de Saint-Aubin serait totalement bouleversé.
Certains membres de l’association APERPE (association pour la protection environnementale des riverains du parc éolien des Grandes Versennes, présidée par Christian Gaufreteau) s’en plaignent : « On constate que ce lieu (un oratoire autour duquel les plantations ont péri) paisible et bucolique ne l’est plus. Le bruit gâchant la quiétude, comment se reposer ou pique-niquer dans cet endroit ? » (Nouvelle République du 01/02/2015)

Deux conséquences négatives des projets d’implantation souvent passées sous silence et pourtant bien réelles : celle de la peur (Mme Guinebertière a parlé de la crainte) et de la fracture sociale.

Diapositive11Les habitants des futures communes impactées, et St Aubin ne fait pas exception, ont peur de montrer leur opposition au projet,

  • par crainte du qu’en-dira-t-on,
  • par crainte de la réaction des voisins, que sais-je ?

La peur éprouvée par les riverains est si vive que certains d’entre eux ont préféré signé notre pétition d’une façon anonyme !
Pour l’instant rien n’est officiel, mais dès que les dates de l’enquête publique seront connues, les oppositions risquent d’être moins discrètes et les querelles entre habitants, voire au sein même des familles, plus vives, comme cela se passe partout ailleurs en France.
Est-ce le rôle d’un conseil municipal de créer des situations de division au sein de la population ?

Les élus également doivent éprouvés ce sentiment de peur, car ils ne parlent pas volontiers de l’éolien ; depuis avril 2011, après une réunion publique qui ne peut pas être qualifiée de concertation, et quelques lignes dans les Brèves de décembre 2011, c’est le sujet tabou!
Je n’en veux pour preuve que la lecture des professions de foi pour les élections départementales, seule la liste des « Candidats divers gauche » montre un intérêt pour cette question de l’environnement et du développement durable et aborde (le cinquième point sur six) les drames de l’environnement : l’amiante hier et les « ondes électromagnétiques » demain, sans toutefois oser prononcer le mot qui fâche et divise : éolien !

Conclusion :

A notre avis, on peut se poser la question sur l’intérêt pour la commune de St Aubin et la population. Les nuisances pour les nombreux riverains seront très importantes, et tout cela pour le bénéfice d’un promoteur allemand.

L’implantation de ces engins industriels hors d’échelle suscite une opposition croissante chez les riverains et les amoureux de notre patrimoine naturel et paysager et ce défaut d’acceptabilité locale du projet entraîne une destruction de la cohésion sociale.

Je vous rappelle l’article 1er de la Charte de l’environnement :

«Le droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé »

Mesdames, Messieurs les élus, vous qui nous représentez, nous vous faisons confiance pour que vous assuriez la préservation de notre territoire, de notre patrimoine, de la santé et de l’avenir de nos enfants.

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